Par Maike Daub

 

Ispahan était la capitale du puissant empire des Safavides (1501-1736) et reste jusqu’à présent fortement marqué par cette époque. Ce fut le chah Abbas Ier le Grand (1571-1629) qui a choisi la ville comme capitale de son empire et fit construire les grands bâtiments autour de la place de l’Imam, dont plusieurs font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Pour édifier ses monuments, modèles de l’architecture persane, Abbas Ier a fait venir des milliers d’Arméniens du nord-ouest de l’Iran en comptant sur leurs talents artisanaux et artistiques. Il leur accorde des droits larges vis-à-vis l’exercice de leur croyance chrétienne, y inclus l’édification d’églises dans leur quartier Nouvelle-Djoulfa.

 

Jadis nommée place royale, la place de l’Imam est une des plus grandes dans le monde. Entouré par les deux mosquées du Chah et du cheikh Lotfollah, le bazar et l’Ali Kapu, la Sublime Porte, ainsi que des arcades de deux étages, il est aussi nommé Naghsh-e Jahan – portrait du monde. Étant le centre de la ville et faisant rêver des visiteurs depuis son édifice, il est pourtant loin d’être la seule attraction d’Ispahan. La mosquée du Vendredi, témoins de l’histoire de la ville depuis le règne des Turcs au XIIe siècle, la plus grande mosquée de l’Iran, constitue aujourd’hui une toile pour 1000 ans d’art grâce à de nombreuse transformations, sans jamais avoir perdu l’harmonie de l’ensemble. De l’autre côté de la place de l’Imam se trouvent les deux pavillons qui subsistent du palais royal des Safavides : celui des Quarante Colonnes (même s’il y en a que vingt) et celui appelé les Huit Paradis. Dans la Nouvelle-Djoulfa, la cathédrale Vank unit des éléments chrétiens et arabes. Au long du lit du fleuve Zayandeh rud s’enchainent les ponts, l’une plus belle que la prochaine, dont la plus remarquable est surement le Si-o-se Pol, le pont aux trente-trois arches.

 

Il était une fois, Abbas Ier Le Grand a rêvé de faire de son Ispahan la destination du monde arabe. C’était la ville au cœur de son empire, loin des menaces de forces étrangers, un endroit ou se croisaient les chemins des caravanes sur la route de soie, une « cité utopique », comme l’a dit Le Point dans un numéro double sur la Perse en décembre 2017 (www.lepoint.fr/histoire/ils-voulaient-construire-le-paradis.php ). Presque 500 ans plus tard, la ville se trouve mis en valeur à Paris.

 

Du 7 au 14 avril, la semaine culturelle d’Ispahan à Paris a invité les Parisiens à découvrir l’histoire, l’actualité et la richesse culturelle de la ville iranienne. Cette initiative du Conseil Franco-Iranien et placée sous le haut patronage du groupe d’Amitié France-Iran présidé par Mme Delphine O, députée de Paris à l’Assemblée nationale, voulait « faire vivre Paris au rythme d’Ispahan pendant sept jours ». En partenariat avec 39 organisations françaises et iraniennes, les organisateurs ont pu proposer 37 événements à travers Paris, dont des expositions, des concerts, des projections de films, des conférences et bien plus autours des thèmes comme l’architecture, la littérature, la gastronomie ou la vie associative, juste pour citer quelques exemples. Et tout cela avec le but de faire découvrir l’Ispahan et d’inciter le public à l’ouverture et au dialogue, déclarent-ils.

Par Adrien Muzio le 12 juillet 2018